| Claudie LENZI | Coulissants | Disques Durs | Lecteurs portables | Boitiers timbres | Plateau tournant | Cabines phoniques |
| Fontaines Horloges | Silencieuses | Double Sens | Collimateurs | Table d'Écoutes | Vis ta mine |
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Pole Culturel des Comtes de Provence, Brignoles Ce projet est né de ma volonté d'inscription dans un territoire. Sillonner les lieux afin d'y restituer, par une démarche artistique et poétique, la mémoire qui s'efface, plus particulièrement la mémoire ouvrière. |
Les œuvres fabriquées permettent de visualiser et d'appréhender cette mémoire dont il ne reste, aujourd'hui, plus de traces, et de susciter dialogue et débat entre les générations anciennes qui ont vécu ce travail et les nouvelles qui l'ignorent. |
![]() - Puits 1- faible descente |
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![]() - Puits 5- « …que l'on voit danser le long… » |
![]() -- Puits 6- « des mots passants » |
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LES EMPAQUETAGES J'inscris au fil des mois, un geste le même, défaire pour reconstruire matin après matin. Je ligature des fragments de temps pour trouver du sens aux choses jetables, sur table. Je m'attache à ces petits bouts de rien, ces petits bouts de vie qui va, qui vient, et se répètent jour après jour. Je déplie, déguste, récupère, lave, sèche. Puis, je classe ces petits carrés, des plus plats aux plus pliés, des plus lisses aux plus cornés. Inlassablement rassembler, réemployer pour faire revivre ce qui doit oublié |
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![]() 2- La machine à Fleurets |
LES MOULAGES |
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1- Les Casques de mineurs « |
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| PERFORMANCE LORS DU VERNISSAGE T'as mis le temps qu'il faut |
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MÉLODIE EN SOUS SOL MINEUR par Micheline Simon La musique du travail de Claudie Lenzi joue de notre mémoire, réhabilite l'enfance en ricochant de l'écriture aux arts visuels. Donnez-lui un mot, vous lui donnez un monde. Mineurs, mines de bauxite… Disponible aux résonances Elle prend la parole pour mieux être à l'écoute, se rend disponible aux résonances jusqu'au mimétisme. Parce que la mine est là dès le matin dans notre assiette, enrobant le beurre ou le fromage, Claudie Lenzi s'en empare et la transforme, réalise des moules, des moulages, monotypes, gravures… Elle s'enfonce dans le travail, creuse, exploite, extrait jusqu'à remonter à la pleine lumière le résultat de ses investigations. Travail salissant, laborieux et solitaire, de fourmi/cigale dont la journée commence par le petit carré frais référence à son travail sur l'emballage aluminium du « petit carré Gervais » et se termine en souillant le lavabo de l'atelier des adhérences grasses de la bauxite. Ses recherches l'amènent à explorer les sites (Combecave, Peygros, La Brasque, Pélicon, le puits de la Misère…) car la réflexion commence par la vérification sur place, un relevé des indices, une observation attentive et sensible des vestiges. Ses cahiers/carnets (exposés à la Galerie 1/52 à La Seyne sur mer du 22 janvier au 19 février 2011) conservent les traces de toutes ces prospections, ces histoires que l'artiste tisse, ces pistes qu'elle défriche dans un dédale de possibles à coup de croquis, plans, photos, prises de notes… Remonter à l'origine La trace est ici appréhendée comme une volonté de remonter à l'origine, à la source. Doit en émerger une mémoire vive, rien ne doit passer à la trappe, dissout dans l'ombre d'un inconscient collectif. Le passage au crible devient l'étape incontournable de la transformation, le geste ouvrier du veilleur de mémoire*. Scruter, décrypter, examiner, filtrer, tamiser… Dans l'atelier de Claudie Lenzi, ce magma originel prend forme ou plutôt des formes, l'espace en est tout bouleversé. Des mutations s'opèrent, et se ramifient, du rouge de la bauxite au vert de la Provence (verte), la couleur déploie les complémentaires, du labeur au loisir, de la chair de la terre (mines) au liseré du monde (golf). Le brouhaha va trouver son tempo, devenir musique. Dans TROUS DE MÉMOIRE (Vis ta mine) poésie et arts plastiques se conjuguent, entretiennent des relations complexes, subtiles, qui abolissent toute linéarité, en quête d'un métalangage. Le livre exhibe ses pages moulées entre minerai et aluminium, devient sculpture et s'accroche au mur comme un tableau à lire. Les mots comme matière Les lettres, les syllabes, les mots comme matière de la phrase, la phrase matière du texte ; excavation, un retour sur soi ; casque, une histoire ; conflit social, un autre lexique : revendiquer = verbe du premier groupe qui rime avec égalité ; aluminium = Alzheimer, oubli pathologique de notre histoire ouvrière, les droits du travail… La machine vient alors compenser nos incapacités, métaphore de nos circuits/systèmes intérieurs (corps individuel) ou extérieurs (corps social), elle aide à nous souvenir… Ne pas oublier l'humain, les hommes et les visages, les photos-portraits des mineurs, leurs prénoms, viennent, et comme par évidence trouvent leur place dans la partition… Ne pas oublier l'humain Les voix et les paroles prises dans les rencontres témoignent des conditions de vie ou de mort à la mine, la sueur, l'obscurité, le bruit, l'accident, l'amitié… Les femmes, elles, parlent de ce rouge persistant qui imprègne le quotidien, les visages et les ongles, l'eau du lavoir. Du singulier au collectif… et retour. Claudie lenzi cherche à multiplier les signes pour pallier à leur insuffisance, inventer des néo-graphismes, des calembours visuels pour lutter contre l'arbitraire du signe, une aspiration à l'art total qui nous sortirait enfin de la conception de l'œuvre d'art séparée du monde. Le spectateur est sollicité, il va aussi devoir fouiller en lui, creuser dans sa différence, et c'est par la singularité de son expérience qu'il saura déchiffrer la nécessité du dire de l'artiste, son langage obligé. Claudie Lenzi lui fait confiance. |
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